Lundi 3 décembre: 6ème jour.
Vivienn: Hier, nous étions très fatiguées car nous avions marché 2 jours de suite pendant 7 heures (environ 20 km chaque jour), avec 40° à l'ombre sans ombre, et de gros cailloux.
Ce matin, nous sommes allées voir un village massaï à trois heures de marche du camps, mais il était vide. Nous sommes rentrées dans une maison en bouse de vache: c'est tout petit à l'intérieur; il y a un petit lit de paille, 3 pierres au milieu pour faire le feu (sans cheminée), et un monticule qui sert de chaise pour l'homme (le mari), s'il vient rendre visite.

Les femmes et enfants du village (dont un petit bébé qui nous a fait mal au coeur car il avait le visage recouvert de mouches) étaient en train d'en construire un autre pas très loin: Les femmes avaient les mains pleines de bouse de vache et les enfants étaient très très sales. Ils n'étaient pas très accueillants: ils avaient peur de nous. Ils n'ont pas voulus être photographiés, et quand nous avons demandé à Peter de leur proposer de l'argent, il nous a répondu que ça n'était pas la peine: Ils étaient tellement primitifs que l'argent ne leur était d'aucune utilité. Ils n'avaient jamais vu la ville.
Il y avait un petit garçon très curieux et qui voulait toucher notre peau; il a eu la délicatesse de se laver les mains, mais finalement il n'a pas osé. Nous lui avons donné un gâteau.
Le guide nous a dit qu'ils vivaient un peu comme les "Hadzabés" (Bushmen), qu'ils faisaient même le feu comme dans le film "La guerre du feu". Ils avaient tué une petite chèvre qui était par terre à moitié dépecée et découpée.
Ensuite nous sommes allées dans un autre village, où nous avons été accueillies à l'entrée.
Drenka: Il y avait le troupeau, 3 hommes et 3 enfants d'environ 7 ans. Ils étaient un peu moins sauvages, mais pas très téméraires.
Je les dessine pour leur montrer comment on fait mais ils ont peur des stylos et ne veulent pas essayer.

Ils veulent voir tout ce qu'il y a dans nos sacs, et éclatent de rire à chaque fois que j'en sors quelque chose; en particulier les chewing-gums à la chlorophylle qu'ils mettent dans leur bouche avec un air suspicieux. Ils ont aussi aimé les lunettes, la brosse à dent et surtout, la montre, LE MUST, succès assuré.
Je leur ai laissé du papier et un crayon, que les trois hommes se sont partagé, ont plié, et ont porté religieusement en nous raccompagnant (Peter a dit que lorsque les hommes raccompagnent, cela signifie qu'on est le bienvenus sur leurs terres); à tel point que l'un d'entre eux a oublié de tenir sa "jupe": Les Massaïs ne portent pas de slip...
Vivienn: En rentrant, nous avons de nouveau vu des Dic-dics, un lièvre, un "Chesnut bastard", qui est un oiseau avec une proéminence sur la tête, des gnous, et des zèbres. Peter nous a expliqué que ces derniers restent toujours ensembles car les uns ont une bonne vue et les autres un bon odorat: Ils se complètent.
Toujours pas de girafe...
A midi, nous sommes rentrées au camps pour le déjeuner, et Peter a voulu offrir à manger aux guides massaïs, mais ils n'ont pas voulu manger de pâtes parce qu'ils trouvaient suspect ce trou qu'elles avaient au milieu!
L'après-midi, nous sommes allées dans un autre village où nous avons été accueillies par quatre femmes: Leur mari avait 11 femmes et 50 enfants, deux d'entre elles étaient enceintes. L'homme avait tellement de vaches et de chèvres qu'il ne pouvait pas les compter, mais s'il en manquait une, il le savait tout de suite.
Nous avons pu rentrer dans leur maisons pour prendre des photos, mais comme il n'y avait pas de fenêtre, on ne pouvait pas voir ce qu'on photographiait. La marmite était sur le feu et tout était enfumé.
Nous leur avons donné des serre-têtes que nous avions apportés: elles les ont mis autour du cou car elles sont rasées. Ils leur ont beaucoup plu parce qu'ils avaient des bananes dessus.
Drenka: Puis nous avons sorti tous nos trésors:
- des chouchous qu'elles se sont disputés et qu'elles se sont mis en bracelet,
- du parfum, Chanel n°19,
- des lingettes démaquillantes,
- de la crème solaire.
Elles étaient ravies: elles se regardaient en rigolant et en faisant des mines genre défilé de mode. Elles ont dit qu'elles remerciant Dieu de nous avoir amenées chez elles car grâce à nous, leur mari allait plus les aimer! Elles ont dit qu'elles se sentaient bien une fois débarbouillées, comme une AUTRE femme; elles ont voulu passer les lingettes sur le museau du premier petit garçon qui passait par là, mais lui, il avait l'air beaucoup moins emballé...
Au retour, on a rencontré leur mari, qui m'a regardé genre "Alors ma Poule, t'as vu toutes mes vaches...", et qui ne voulait plus me lâcher la main. Heureusement, les Massaïs échangent leurs filles contre des vaches, et mon Père n'aurait pas la place de les mettre dans son jardin (les vaches, pas les filles).
Le soir, après le dîner, nous osons aller nous asseoir autour du feu avec Peter, Ali, Cohm, et deux guides Massaïs. Nous leur demandons même de nous écrire un petit mot sur notre cahier, ce qu'ils sont très contents de faire.

L'un dit qu'il est content d'être là, le second nous apprend des mots en Massaï: Girafe se dit "Arrrrrromâout", comme font les chats pour entamer une conversation!
Ils nous signalent aussi qu'ils ont repéré un lion dans les environs. Celle-là ils ne nous l'avaient pas encore faîte, après les chacals et les hyènes, MEME PAS PEUR!!

1 Comments:
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